Dr Perraudin - Chirurgien orthopédiste du genou

Arthroscopie du genou

Page revue le 1 avril 2021

Qu'est-ce qu'une arthroscopie ?

Vue d'une salle d'opération L'arthroscopie est une intervention chirurgicale qui permet de voir et de réaliser des gestes opératoires dans un genou. Elle se pratique dans un bloc opératoire, sous anesthésie (générale ou loco-régionale). L'arthroscope (photo) est un tube de quelques mm de diamètre, couplé à une caméra vidéo miniaturisée, elle-même reliée par un cable optique à un écran de télévision couleur. L'image est très agrandie : le crochet que vous pouvez voir sur la photo mesure 3 mm dans sa partie verticale...

Arthroscope utilisé dans le genou L'arthroscope est introduit à l'intérieur du genou par un orifice minime ; un ou parfois plusieurs autres petits orifices cutanés sont nécessaires pour l'introduction d'instruments fins dans l'articulation. Pendant tout l'examen, le genou est gonflé avec du sérum physiologique.

Avantages de l'arthroscopie

Petites cicatrices

Le premier avantage de l'arthroscopie est la réalisation de gestes intra-articulaires avec de petites cicatrices : deux en général et de 1 cm.

Des suites plus simples !

L'absence de grandes cicatrices permet une rééducation immédiate et beaucoup simple car moins douloureuse.

Principe d'une arthroscopie du genou

L'arthroscopie permet de voir dans l'articulation et de faire des gestes chirurgicaux tels qu'une ablation partielle du ménisque (Méniscectomie partielle). Avant l'arthroscopie, pour enlever un ménisque il fallait faire une cicatrice de 6-8 cm pour ouvrir l'articulation, puis attraper un bout du ménisque et le découper tout en tirant dessus. La méniscectomie était alors souvent complète avec un risque marqué d'arthrose à moyen terme.

Actuellement, grâce à l'arthroscope, l'ablation est limitée à la partie mobile lésée du ménisque, une languette par exemple.

L'arthroscopie permet de réaliser plusieurs gestes opératoires qui nécessiteraient sinon une grande cicatrice pour aborder le genou.

Les suites sont ainsi plus simples avec moins de risque de douleurs et de raideur post-opératoires.

Que peut-on faire avec un arthroscope ?

L'arthroscope est donc un outil. Par exemple, un patient(e), à qui le médecin pose la question de ses antécédents chirurgicaux, parle souvent d'une arthroscopie qu'il a eue en telle année mais souvent, il ne sait pas ce qui a été fait sous arthroscopie.

L'arthroscopie permet d'explorer le genou "de l'intérieur" et de voir les ménisques, les ligaments croisés, le cartilage du fémur, du tibia et de la rotule, la membrane synoviale (tissu qui revêt la poche articulaire et qui secrète la synovie).

Arthroscopie diagnostique ?

Une arthroscopie commence d'abord par confirmer le diagnostic et vérifier le reste du genou.

L'arthroscopie "juste pour voir" reste maintenant exceptionnelle.

Il est actuellement assez rare d'avoir besoin de faire une arthroscopie pour faire un diagnostic : l'IRM est très précise et il est rare de trouver sous arthroscopie une lésion que l'on ne voit pas sur l'IRM.

Mais...

Parfois, cependant, il peut arriver qu'un doute persiste sur l'IRM : le patient présente des signes très évocateurs d'une languette méniscale mais cette lésion mobile n'est pas retrouvée sur l'IRM. Un arthroscanner est la première chose à faire mais s'il persiste un doute suffisant, il peut se discuter de faire une arthroscopie pour voir s'il existe une languette et l'enlever si on la trouve. Ceci doit rester une exception à mon avis.

Si l'opération est décidée, il faut que le patient(e) soit informé et prévenu(e) de la probabilité de ne pas trouver la lésion recherchée. Il est très intéressant dans ce cas de faire cette arthroscopie sous anesthésie régionale pour que le patient(e), éveillé, puisse regarder l'écran avec le chirurgien pour visualiser la lésion ou son absence éventuelle. C'est plus clair ensuite pour les suites.

Utile pour faire une biopsie

Elle peut être utile pour prélever des fragments de tissus (biopsie) pour aider au diagnostic d'une maladie rhumatismale par exemple ou rechercher les trtaces d'une infection.

Arthroscopie pour laver le genou ?

Le genou est toujours "lavé" lors d'une arthroscopie puisque l'articulation est gonflée avec du sérum physiologique; ce sérum ressort du genou et on peut donc parler de "lavage".

Hémarthrose du genou

L'intérêt est évident si le genou est gonflé après un traumatisme : il s'agit souvent de sang et le lavage permettra de diminuer les douleurs et de récupérer plus rapidement sa mobilité. Mais l'arthroscopie ne doit pas être réalisée dans le seul but de laver le genou; cela reste une intervention avec ses risques. Par contre, une opération précoce pour un blocage du genou par anse de seau d'un ménisque permettra en plus de "laver le genou". En général, une ponction peut se discuter si le genou est très gonflé, sous tension.

Lavage d'un genou gonflé chronique

Si le genou reste gonflé dans une arthrose, et cela malgré des infiltrations de corticoides, il peut être interessant de laver le genou, à la demande du rhumatologue, pour permettre un traitement par viscosupplementation par la suite.

languette méniscale vue sous arthroscopie

Enlever la lésion méniscale mobile

L'indication la plus fréquente est la lésion méniscale : ablation (meniscectomie) partielle, se limitant à la zone génante du ménisque (la languette ou l'anse de seau) et conservant toute sa portion saine.

suture meniscale sous arthroscopie

Suture méniscale

Très fréquemment discutée chez le sujet jeune, la SUTURE MENISCALE sous arthroscopie a fait de réels progrès; malheureusement, la suture n'est que le premier temps permettant de fixer l'un sur l'autre les deux fragments; il faut ensuite que les lésions cicatrisent naturellement pour un résultat solide.

dessin d'une ligamentoplastie du ligament croisé antérieur

Plastie d'un ligament

L'arthroscopie est devenue indispensable pour reconstruire les ligaments croisés, antérieur et postérieur du genou. Elle permet de repérer les zones d'insertion du ligament rompu, de permettre la création de tunnels tibial et fémoral (dans lesquels passeront la greffe) grâce à des viseurs appropriés et ce avec de petites cicatrices.

radio d'un corps étranger

Corps étranger

La présence d'un corps étranger libre dans l'articulation peut entrainer des épisodes de blocage du genou avec le plus souvent, l'impossibilité de tendre complètement la jambe.

En ambulatoire

L'hospitalisation pour une opération faite sous arthroscopie est généralement faite en ambulatoire, dans la journée (que ce soit une méniscectomie simple ou une ligamentoplastie; la décision de la sortie le soir est confirmée ou non par l'équipe médicale. Le patient peut de lui-même préférer rester au lieu de sortir; cela reste rare en pratique.Tout sur l'ambulatoire

Votre auto-rééducation après une arthroscopie

Elle commence dès votre réveil et consiste à faire les exercices expliqués et décrits sur le protocole qui vous a été remis.

Au début, ce sont les mêmes exercices que ce soit après une simple ablation du ménisque ou après une ligamentoplastie.

Il est très important de vous engager dans les exercices simples expliqués et montrés. Ces exercices sont essentiels pour des suites simples. Pages sur la rééducation.

Le risque de complications est faible

Le chirurgien vous informe par écrit des risques liés à l’anesthésie et à l’acte lui–même, et les complications possibles, mais rares : infection articulaire, phlébite, embolie pulmonaire, fistule (ouverture anormale dans l’articulation) avec écoulement de liquide articulaire, algodystrophie, hémarthrose (présence de sang dans l’articulation), lésion d’un nerf au cours de l’intervention (responsable d’une perte de sensation (ou picotements) sur la peau entourant l’articulation).

Vous pouvez vous informer plus en détails sur le risque de complications en consultant les pages sur chaque intervention.


Docteur Jean Etienne Perraudin


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