Arthrose du genou,
définition, causes, signes, prévention, traitements.

Page revue le 2 mai 2020.

L'arthrose est définie comme l'usure du cartilage, en miroir, sur les deux extrémités osseuses d'une articulation.

Elle entraîne douleurs et gonflement avec long terme enraidissement et déformation progressifs de l'articulation.

Son traitement est d'abord celui des symptomes ( traitement des douleurs, etc. ). L'indication d'une prothèse se pose lorsque ce traitement devient insuffisant.

Diagnostic de l'arthrose

L'arthrose s'apprécie sur une radio du genou, en position debout (en charge), les genoux légèrement pliés (en position de schuss). La radio permet de mesurer l'espace entre les deux os. Cet espace, l'interligne, correspond à l'épaisseur de cartilage.

Lorsque l'espace, l'interligne articulaire, est moins épais d'un côté du genou par rapport à l'autre, on parle d'arthrose débutante, modérée ou évoluée.


Tout commence par la chondropathie

Le cartilage commence par s'user superficiellement : c'est la chondropathie. La radio est normale, mais elle peut être visualisée sur une IRM ou un arthro-scanner. Voir images et infos sur la chondropathie et son évolution très lente vers l'arthrose.

Rapport entre chondropathie et douleur ?

La chondropathie peut être tout à fait indolore : elle est souvent découverte par hasard lors d'un examen IRM ou d'une arthroscopie, réalisées par exemple, pour un problème de ligament.

A l'inverse, la douleur rotulienne est fréquente chez la jeune fille vers 15 ans et son cartilage est heureusement parfaitement normal sur une IRM.

Il ne semble pas y avoir de parallèlisme net entre les lésions du cartilage sur l'IRM et les douleurs ressenties.

Localisation de l'arthrose

Au niveau du genou, les trois compartiments de l'articulation peuvent être touchés : interne, externe ou fémoro-patellaire (entre fémur et rotule) .

L'atteinte peut être partielle au début, et ne toucher qu'un seul compartiment (interne par exemple, chez un patient en varus), bi-compartimentale (externe et fémoro-patellaire), ou plus rarement globale .

Voir les pages avec images sur l'arthrose interne, sur l'arthrose externe, sur l'arthrose fémoro-patellaire (rotulienne).

Les causes de l'arthrose.

L'âge bien sûr, le poids ++, l'axe des jambes avec un aspect très marqué en varus (jambes arquées) ou en valgus (jambes en X), les antécédents sportifs ( avec ou sans accident), le niveau sportif dans la jeunesse, les antécédents d'accident (entorse, rupture du ligament croisé antérieur, fracture du plateau tibial), un antécédent de meniscectomie, etc.

Insistons surtout sur le poids, facteur majeur et sur lequel le patient peut être actif.

Peut-on prévenir ou traiter l'arthrose par les compléments alimentaires, l'alimentation ou des traitements?

Il est très difficile de faire une étude vraiment sérieuse sur l'intéret de tel ou tel produit, tellement l'arthrose et ses symptomes sont multi-factoriels. Il en va pour l'alimentation comme pour les compléments alimentaires (chondroitine sulfate et les autres), l'homéopathie, les huiles essentielles, pommades, etc...

Aucun traitement médical n'a fait sa preuve, non plus.

Ceci dit, vous rencontrerez des proches qui ont essayé tel ou tel produit qui leur a fait du bien : pourquoi ne pas l'essayer ? L'expérience des proches peut s'avérer très utile, même si on ne peut généraliser à partir de quelques cas.

L'utilisation de chaussures amortissantes est un exemple de ce que chacun peut tester sur ses genoux. Des talonnettes souples, en sorbothane qui se glissent dans la chaussure (moins chère et ne nécessitant pas de changer de chaussure) peuvent être très confortables.

Heureusement, pour l'avenir, la recherche sur ce sujet est très développée.

L'utilisation de chaussures amortissantes est un exemple de ce que chacun peut tester sur ses genoux. Des talonnettes souples, en sorbothane qui se glissent dans la chaussure (moins chère et ne nécessitant pas de changer de chaussure) peuvent être très confortables.

Peut-on prévenir l'aggravation de l'arthrose par la chirurgie ?

Nous avons vu que des jambes très arquées peuvent être une cause logique d'arthrose interne. Il est possible, chirurgicalement, de modifier l'axe du membre inférieur : l'idée est soit de la "remettre droite", soit de la mettre un petit peu dans l'autre sens pour soulager le compartiment usé. Cette intervention consiste à couper un os (tibia ou fémur) et de le fixer en modifiant l'angle. C'est une ostéotomie.

Quels sont les symptomes de l'arthrose ?

Les signes cliniques de la poussée d'arthrose

Ce sont essentiellement des douleurs et le gonflement. L'association avec une boiterie est habituelle. Vous pouvez vous informer sur tous ces symptomes et comment les améliorer.

L'enraidissement de l'articulation et la diminution progressive du périmètre de marche : le patient ne peut plus marcher qu'une heure ou 30 mn, voire moins pendant la crise.

Evolution clinique de l'arthrose

Poussées douloureuses

Après une crise articulaire inauguratrice, les crises vont se faire sentir en fonction des changements de rythme (prise de poids, déménagement, essai de reprise de l'activité sportive, ..). La météo peut jouer un rôle (humidité + froid). L'intervalle entre les crises peut être très long au début.

Avec la répétition des poussées, l'articulation peut s'enraidir avec diminution de la flexion, puis perte de l'extension complète (le flessum).

Déformation de l'articulation

La déformation de l'articulation est très lente. La forme initiale des membres inférieurs chez l'adulte, dite en varus pour les jambes arquées et en valgus pour les jambes en X, va augmenter.

Elle entraine l'usure prédominante du compartiment en charge (interne pour le varus et externe pour le valgus). L'usure augmente la déformation et la pression sur le compartiment concerné.

La déformation en valgus avec une déformation en X, est beaucoup moins bien tolérée que la déformation en varus.

La vitesse d'évolution est imprévisible.

Le traitement médical de l'arthrose

Vous êtes suivis en général par votre médecin traitant et votre rhumatologue.

Pendant la crise

Il s'agit d'abord de traiter les symptomes (douleurs, gonflement, raideur) en associant le traitement de la douleur et des exercices pour maintenir la mobilité et la force de son quadriceps.

Une canne, une genouillère peuvent être aidants. Il vaut mieux sortir faire quelques pas avec sa canne et une genouillère que de ne pas bouger.

Des infiltrations peuvent bien sûr être essayées avec un rhumatologue.

Visitez les pages sur les symptomes et leur traitement. Vous y trouverez quelques idées et beaucoup d'infos pratiques.

En dehors des crises

Le déclencheur de la crise

Il est intéressant de noter ce qui a déclenché la crise précédente; c'est souvent évident mais ce peut être un petit quelque chose d'inhabituel, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Repèrez-le; cela vous aidera à mieux gérer la suite.

Reprendre petit à petit une activité

Le petit bain de la piscine est un bon endroit pour faire quelques exercices pour sortir d'une crise.

La reprise progressive de la marche, de la natation ou du vélo sont très utiles pour retrouver une forme physique.

L'utilisation de cannes, de batons (décathlon) aidera à passer les crises et à reprendre une activité.

Les activités d'avant la crise

Le retour aux activités pratiquées 'avant' la crise devra être réfléchie et très progressive.

Quelques outils

Des talonnettes amortissantes (type sorbothane) dans les chaussures et/ou des chaussures confortables .

Une genouillère (de la bonne taille, pas trop serrée...) est souvent une aide appréciable.

Se faire suivre par son rhumatologue

Il est logique d'être suivi par un rhumatologue ou un médecin du sport qui pourra proposer des injections (corticoides pour la crise douloureuse, gel d'acide hyaluronique pour le moyen terme).

Arrive un jour où la situation est trop handicapante pour continuer avec le seul traitement médical et l'intervention (pose d'une prothèse) apparaît nécessaire.

Traitement chirurgical : la prothèse

Faut-il se faire opérer ?

La question ne se pose que si l'usure radiologique est importante bien sûr, mais il faut aussi que les douleurs restent trop importantes, handicapantes malgré le traitement médical. Quels sont les arguments pour et contre se faire opérer d'une prothèse de genou ?

L'avis du chirurgien

Votre médecin ou votre rhumatologue vous ont conseillé de prendre un avis, ou vous aviez besoin d'un autre avis. Voir la page sur comment se passe la consultation du chirurgien.

Vous informer

Vous trouverez beaucoup d'informations sur les pages sur la prothèse de genou : Qu'est-ce qu'une prothèse ? Quel matériau ? Sa durée de vie, Comment se passe l'opération ? Quels sont les risques ? etc.

Docteur J.E. Perraudin

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