Ligamentoplastie (reconstruction) du ligament croisé antérieur par une greffe tendineuse.

Mise à jour le 24 novembre 2018

L'intervention consiste à remplacer (ligamentoplastie) le ligament croisé antérieur ("LCA") rompu par une greffe tendineuse prélevée chez le patient . Voici les différents temps de l'intervention. Si vous désirez des infos plus détaillées avec photos, cliquez ici.

Prélèvement de la greffe  (sans garrot) :

- Prélèvement de un ou deux tendons ischio-jambiers : le droit interne et le demi-tendineux (d'où l'appellation de l'intervention : "D.I.D.T" ). Le tendon du Demi-tendineux peut suffire (plié en 3 ou 4; DT 3 , DT4). Ce prélèvement est réalisé par une incision de deux cm environ, avec un instrument appelé "stripper".

- Les deux tendons sont ensuite associés pour former une greffe de 9 cm de longueur pour un diamètre de 9 mm environ.

Temps arthroscopique

Après gonflage du garrot : deux petites incisions sont réalisées pour la caméra et l'instrument. Puis exploration de l'articulation (qualité du ligament croisé antérieur restant (et conservation),  et recherche les lésions méniscales et cartilagineuses).

- Lésions méniscales :

Méniscectomie partielle :
  • ablation du fragment "cassé" du ménisque en laissant la partie intacte ou correcte
  • seules les lésions instables des ménisques sont enlevées;
  • une lésion petite et stable (peu mobile) est laissée en place en espérant sa cicatrisation, aidée à la stabilisation du genou par la ligamentoplastie.
Suture méniscale :
  • Si une lésion instable est suturable (sujet jeune, gros fragment, type favorable de la lésion), la suture se fait pendant ce temps arthroscopique :
      Après avivement des berges de la lésion meniscale, la suture met en contact les berges méniscales, permettant une éventuelle cicatrisation biologique.
    Si la cicatrisation ne se fait pas ou si elle est incomplète, le fragment peut devenir mobile et gènant et donc nécessiter une nouvelle arthroscopie pour enlever les fragments mobiles
    Ce risque de non cicatrisation, de suites un peu longues et de nouvelle intervention, doit être pris en compte dans la décision d'essayer de conserver le ménisque.

- Appréciation des Lésions cartilagineuses :

    elles sont d’autant plus fréquentes (chondropathies) que l’instabilité est ancienne et que le patient est agé. Elles sont le plus souvent bénignes et superficielles après un premier accident.

- Repérage des zones d'insertion du LCA avec précision.

Création des tunnels osseux, l’un tibial, l’autre fémoral sous contrôle arthroscopique.

  • Une broche est d'abord posée avec un viseur.
  • Lorsque la position est satisfaisante, la mèche perforée, de la taille de la greffe, est glissée sur la broche.

La greffe est ensuite passée dans les tunnels

  • Fixation fémorale par un Endobutton  (non résorbable)
  • Mise sous tension de la greffe
  • et fixation tibiale par une Vis d’interférence résorbable,
  • associée à une deuxième fixation tibiale par la fixation des fils de traction de la greffe sur une ancre résorbable et intra osseuse ( ce qui remplace l'agrafe métallique (non résorbable) que j'utillisais auparavant.
  • Notez que l'endobutton peut être associé ou remplacé par une vis d’interférence.

Fermeture

des incisions "plan par plan" avec des fils résorbables sur la peau, le tout étant recouvert de petits rubans adhésifs (stéristrips).

Durée de l'intervention :

45 minutes en moyenne dont 30-35 mn de garrot selon les gestes réalisés sur les ménisques.

Drainage par des « tuyaux » (redons) : ?

    Le drainage post-opératoire
  • consiste à poser un ou deux tuyaux (drain de "redon") dans le genou ou dans un site opératoire avant de fermer les cicatrices.
  • Ces tuyaux sont reliés à une bouteille en plastique sous vide qui aspire le liquide dans le genou ou dans le site opératoire.
  • Le ou les tuyaux sont enlevés, en tirant dessus, lors du changement de pansement , en général le soir (ambulatoire) ou le lendemain de l'intervention.
    L'expérience montre
  • que les drains entrainent des douleurs par leur présence et lors de leur ablation;
  • qu'il est plus difficile de faire ses exercices (écrase-coussin par exemple) avec les drains dans le genou.
  • que l'ablation du redon, n'est pas agréable pour le patient même si la douleur éventuelle est très brève.
  • que le drainage par redon n'empêche pas l'apparition d'un saignement dans le genou (hémarthrose) vers le 3-4-5 ème jour alors que les drains sont enlevés.
  • que ces patients n'ont pas plus d'hémarthrose que les patients "drainés".

Pour toutes ces raisons, je ne mets pas de drains de redon dans le genou opéré et cela depuis ... 20 ans.

Radio post-opératoire

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Plus de détails sur la technique ?