Dr Perraudin - Chirurgien orthopédiste du genou
Docteur J.E. Perraudin

L'entorse du genou : questions fréquentes

Page revue le 3 mai 2021

Qu'est-ce qu'une entorse du genou ?

L'entorse du genou est un mouvement forcé de l'articulation qui tire sur ses ligaments. Elle survient lors d'un choc direct, de la réception d'un saut, ou lors d'une prise d'appui brutale sur le pied pour changer de direction (pivot) ou sauter.

Il faut que le pied soit fixé au sol alors que le corps tourne par rapport au pied : le genou risque de se déboiter, de se tordre.

Rôle des ligaments

Les ligaments ont pour rôle de maintenir l'un contre l'autre, les os de l'articulation, lors de ses mouvements.

Entorse bénigne ou grave ?

Le ligament peut résister à la torsion et l'entorse sera dite bénigne, légère : il n'y a pas de rupture ligamentaire.

Si un ligament se rompt, on dit que l'entorse est grave, mais La gravité de l'entorse dépend aussi du nombre de ligaments atteints et de la nature des lésions : étirement, déchirure, rupture partielle ou totale..

La rupture du ligament rend possible un mouvement anormal : la laxité. C'est la recherche de cette laxité qui permet au médecin de faire le diagnostic de rupture.

Quels sont les symptômes de l'entorse ?

Douleur aigue, déchirure, craquement, sensation de déboitement, et gonflement (épanchement), avec une incapacité fonctionnelle, plus ou moins marquée. Boiterie douloureuse et flexion limitée (genou qui ne plie pas) sont souvent présents d'emblée ou le lendemain matin.

Voir cette page pour gérer efficacement les symptomes de l'entorse. pour retrouver rapidement une vie quotidienne normale.

Quand risque-t'on de faire une entorse du genou ?

Elle peut survenir lors d'un choc direct sur le genou, ou lors de la réception d'un saut, ou lors d'une prise d'appui brutal sur le pied pour changer de direction (pivot) ou sauter.

Que faire dans l'urgence ?

Consulter un médecin aux urgences ou votre médecin généraliste pour vérifier que c'est bien une entorse; une radio pourra éliminer une fracture osseuse. Il vous prescrira probablement une attelle et des anticoagulants, une IRM, de la rééducation et proposera de voir un spécialiste.

L'attelle est-elle indispensable après une entorse ?

Souvent, le médecin des urgences vous a demandé d'immobiliser votre genou en portant une attelle, bloquant le genou en extension ou en légère flexion. Autant cette attelle peut être utile dans les premiers jours, elle est ensuite encombrante et surtout, elle entretient la fonte musculaire. Il est important de consulter rapidement un spécialiste.

Si une attelle vous a été prescrite : essayez de contracter votre quadriceps dans l'attelle pour verrouiller votre genou dans l'attelle.

Puis-je prendre appui sur mon pied ?

Le mieux, dans un premier temps, est de suivre les conseils du médecin que vous avez vu au moment de l'entorse. La consultation rapide d'un spécialiste vous permettra de reprendre rapidement appui si c'est possible (ce qui diminue +++ le risque de phlébite et vous apporte un peu de confort).

Et je le répète, si vous n'appuyez pas sur votre jambe, il faut qu'un médecin vous prescrive des anticoagulants.

Faut-il prendre des anticoagulants pour éviter une phlébite ?

Oui, si vous êtes immobilisé par une attelle et c'est encore plus vrai si vous ne prenez pas appui sur votre pied ! Le risque de phlébite est alors important et il faut prendre un traitement anticoagulant (par piqure en général chaque jour à heure fixe par une infirmière à domicile). Si vous avez un doute, demandez à votre médecin généraliste ou appelez le médecin que vous avez vu aux urgences.

Durée de l'arrêt de travail à prévoir

La reprise d'une vie quotidienne normale (sans sport), après une entorse du genou, dépend de beaucoup de facteurs. Une rupture isolée du ligament croisé antérieur peut permettre de reprendre un travail de bureau en une quinzaine de jours. Mais le délai s'allonge si d'autres ligaments sont touchés.

  • La prise en charge médicale et la qualité de l'accompagnement,
  • Le nombre de ligaments atteints et la gravité de l'entorse
  • sont les principaux facteurs de la durée de l'arrêt de travail.

    Les entorses nécessitant une intervention rapide obligeront un arrêt de deux mois, voire plus.

    • D'autres facteurs peuvent retarder la reprise même dans les formes simples :
    • Travail sur le terrain ou dans un bureau ?
    • Le moyen de transport ?
    • L'âge

En pratique, si la rupture isolée du ligament croisé antérieur est souvent chirurgicale à distance de l'entorse, elle permet le plus souvent, de retrouver une vie quotidienne normale assez rapidement, si l'accompagnement médical est dynamique. Des suites "trainantes" après une entorse du genou, doivent faire prendre un avis auprès d'un spécialiste.

Que faire en attendant l'IRM et la consultation du spécialiste ?

Glacer votre genou, traiter les douleurs, surélever votre pied, et auto-rééducation en commençant les exercices de base : vous serez surpris des progrès que vous ferez si vous vous engagez dans ces exercices. Soyez prudents, mais vous pouvez essayer doucement de faire les exercices simples d'autorééducation..

Quels ligaments peuvent être touchés ?

Les deux ligaments croisés et les deux ligaments collatéraux peuvent s'étirer ou se rompre lors de l'entorse.

Le ligament le plus fréquement touché est le ligament croisé antérieur. L'association de lésions de ce ligament et du ligament collatéral interne (médial) est fréquente aussi (en particulier, lors de la pratique du ski).

Prendre l'avis d'un spécialiste dès que possible ++

Notez que vous n'avez pas besoin d'avoir fait l'IRM pour votre consultation. Elle vous permettra d'avoir un premier avis qui vous rassurera et vous permettra d'être plus dynamique.

Souvent, dans l'établissement où vous consulterez le spécialiste, il sera possible de faire une IRM le même jour si vous prenez rendez-vous. C'est d'ailleurs possible à la clinique des Maussins où je consulte.

Comment fait-on le diagnostic d'une rupture ligamentaire ?

Diagnostic clinique de la rupture d'un ligament

L'examen clinique du genou permet le diagnostic : il peut être réalisé très rapidement après l'entorse. Il s'agit de rechercher un mouvement anormal de l'articulation, appelé "laxité ligamentaire". Le genou "baille", se décoapte, lorsqu'on le teste. Le testing permet de préciser quels sont les ligaments rompus. Il n'est pas douloureux si le patient est relaché.

En vous examinant, le chirurgien vous fait ressentir (c'est indolore) que le tibia bouge un peu par rapport au fémur. C'est la laxité. Pour que les deux os bougent l'un par rapport à l'autre, il est nécessaire que le ligament responsable soit rompu. Bien sûr, il faut comparer les deux genoux. La comparaison entre les deux genoux ne devrait vous laisser aucun doute. Et c'est important que les choses soient claires pour vous.

Quel examen complémentaire faut-il faire après une entorse du genou ?

Après une torsion du genou, si le genou a craqué ou s'il a gonflé, il est important de faire une IRM, même si le testing est a priori rassurant.

De la même façon, une rupture dite partielle sur l'IRM, ne doit pas dispenser d'un examen clinique par un spécialiste avant une tentative de reprise d'un sport à pivot contact comme le foot.

Passer à côté d'une rupture ligamentaire expose le patient à une reprise de son sport et donc à une nouvelle entorse avec aggravation possible des lésions.

Si le diagnostic est en général déjà fait grâce à l'examen clinique, l'IRM permet de confirmer, de préciser les lésions et d'explorer les ménisques qui peuvent être aussi touchés lors de l'entorse.

Rupture partielle ou totale ?

Le radiologue peut parler de déchirure ou de rupture partielle du ligament croisé antérieur, selon l'aspect de celui-ci sur l'IRM.

En pratique, la rupture peut être considérée comme totale si le chirurgien retrouve une laxité, un mouvement anormal. Ceci ne signifie pas forcément la nécessité d'une opération, mais sûrement l'arrêt du sport ayant provoqué l'entorse, dans un premier temps, pour éviter une récidive et une aggravation. L'opération sera discutée par la suite en fonction de différents facteurs.

La présence de signes indirects sur l'IRM, permet de confirmer la rupture totale,comme par exemple, la présence d'une contusion osseuse dans la rupture totale du ligament croisé antérieur.

Conséquences des ruptures ligamentaires.

Laxité puis instabilité.

La rupture d'un ligament entraîne une laxité; cette laxité peut ne pas être ressentie par le patient mais il peut se sentir en insécurité sur son genou lors des prises d'appui, en particulier s'il cherche à pivoter. L'instabilité en pivotant est très évocatrice d'une atteinte ligamentaire.

Elle peut apparaître, soit d'emblée juste après l'accident, soit le plus souvent à distance lors de certains mouvements. Elle nécessite de se faire examiner et de pratiquer une IRM.

Lésions méniscales

Chaque nouvel épisode peut entraîner des lésions méniscales.

Ces lésions risquent de devenir douloureuses et nécessiter un traitement propre de type suture ou méniscectomie (ablation de la partie lésée du ménisque). Il est avéré qu'à long terme, une méniscectomie, même partielle, entraine une usure cartilagineuse.

Lésions cartilagineuses

La répétition des entorses entraine des dégats cartilagineux et donc un risque d'arthrose prématurée; c'est pourquoi il faut opérer ces lésions ligamentaires chez les jeunes et opérer les genoux qui deviennent instables dans la vie quotidienne, quel que soit l'âge.

Par contre, il est possible de ne pas avoir besoin d'opération si le patient préfère arrêter la pratique des sports à pivot et si le genou reste stable par la suite.


Dr. J.E. Perraudin


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