Dr Perraudin - Chirurgien orthopédiste du genou

Ligament latéral interne
ou collatéral médial

Mise à jour le 9 mai 2021

anatomie du ligament interne du genou

Le ligament collatéral interne (LLI ou ligament interne) se situe sur le côté interne du genou (vers l'autre genou). C'est un ligament assez large formé de plusieurs faisceaux de fibres. Il maintient les deux os l'un contre l'autre lors des mouvements de valgus forcé (voir ci-dessous).

On peut dire qu'à chaque degré de flexion du genou, correspond un paquet (faisceau) de fibres responsables de la stabilité pour ce degré de flexion.

Quels sont les symptomes d'une entorse du ligament interne ?

Craquement, douleur aigue, sensation de déboitement du genou vers l'intérieur. Le gonflement, rapide ou retardé, dépend des lésions associées.

C"est une entorse douloureuse mais qui est souvent bénigne (sans rupture complète le plus souvent.

La position du genou et le mouvement du corps au moment de l'accident, oriente vers le ligament interne.

Mécanisme de la rupture

Choc sur la face externe du genou

Valgus forcé du genou avec entorse du ligament interne.

Conséquences du valgus forcé du genou


La meilleure explication me semble être un dessin. On y voit un pied appuyant sur la face externe du genou : c'est un traumatisme en valgus forcé. Le pied est en appui au sol. Le genou subit une pression de l'extérieur vers l'intérieur (valgus), entraînant une mise sous tension du ligament à l'intérieur du genou. Le ligament interne peut résister ou se rompre.

Même mécanisme de "valgus" au ski

Le risque du chasse-neige

Par exemple, en position de chasse-neige au ski, le poids du corps s'appuie sur le ligament interne du genou.

C'est aussi le cas lors de la réception d'un saut si le genou rentre vers l'intérieur : le risque de rupture ligamentaire est alors important.


Le traitement non chirurgical, "fonctionnel"

Simple et particulièrement efficace

Il a remplacé la réparation chirurgicale. Il permet une cicatrisation efficace des fibres du ligament par une immobilisation dynamique.

Son principe

Port d'une genouillère ligamentaire avec des renforts latéraux, n'empêchant pas les mouvements de flexion/extension (le genou peut plier et se tendre complètement).

Le protocole est strict

Il faut la garder pendant trois semaines jour et nuit, puis trois semaines dans la journée, soit six semaines. (Gardez-la : vous serez content de la remettre quelques temps lors de votre reprise des sports).

En marchant la jambe raide pendant une quinzaine de jours tout en travaillant votre quadriceps et votre flexion avec les exercices habituels.

Et la réparation ou greffe du ligament interne ?

Technique

Elle consiste à suturer ou réinserer l'extrémité rompue, en associant, ou non, une greffe pour renforcer la suture. Ses suites sont souvent un peu longues. La flexion est souvent difficile à récupérer, nécessitant une rééducation prolongée, voir une mobilisation sous anesthésie.

Quand est-elle nécessaire ?

Inutile si associée à une rupture du ligament croisé antérieur

Cicatrisation dirigée du ligament interne par immobilisation dynamique, c'est-à-dire qui ne bloque pas le genou.

La rupture du ligament croisé antérieur sera opérée le plus souvent dans un second temps, en fonction des sports pratiqués.

Souvent si association à une rupture du ligament croisé POSTERIEUR

L'association d'une rupture du ligament interne à une rupture du ligament croisé postérieur pousse à opérer les deux ligaments selon le niveau sportif et le sport pratiqué. (voir le ligament croisé postérieur).

Très souvent chez le sportif, si la rupture du LLI est isolée.

"Isolée" car sans rupture associée d'un ligament croisé : la rupture complète est RARE mais souvent chirurgicale d'emblée, chez le sportif de bon niveau, mais il n'est pas inutile de tenter quand même le traitement fonctionnel.

Douleurs fréquentes après une rupture du LLI

Des douleurs au niveau de l'insertion haute (sur le fémur) de ce ligament latéral interne sont fréquentes dans les entorses bénignes : il n'y a pas de laxité à l'examen. Les douleurs sont dûes à l'inflammation des fibres non rompues mais étirées lors de l'accident.

Elles peuvent rester inflammatoires et douloureuses pendant quelques semaines, voire plus : c'est pourquoi il vaut mieux traiter efficacement la douleur dès le début, pour éviter que la situation ne traîne.

Un traitement local par patch autocollant d'anti-inflammatoire peut être utile; une infiltration est nécessaire (sans trop attendre), si les douleurs empêchent les exercices de rééducation (en particulier, si les douleurs empêchent de tendre la jambe ou de laisser plier le genou).

Apprendre en rééducation, à se réceptionner sur un genou en varus

Dr. J.E. Perraudin

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