Le ligament croisé postérieur

Mise à jour le 10 février 2020

L'atteinte du ligament croisé postérieur est beaucoup plus rare que celle du croisé antérieur. Elle est toujours en rapport avec un traumatisme de haute énergie.

Mécanismes de rupture du ligament croisé postérieur

Rupture isolée

La rupture isolée du LCP et son association à une rupture d'un ligament collatéral (interne ou externe) età une rupture du ligament croisé antérieur.

Les ruptures isolées du ligament croisé postérieur sont dans 50% des cas secondaires à un choc direct sur la face antérieure du tibia avec le genou fléchi.

C'est l'accident type du tableau de bord en voiture. Dans ce type d'accident, la lésion du croisé postérieur peut passer inaperçue, dans la mesure où d'autres lésions sont souvent au premier plan : fracture du fémur, traumatisme crânien, etc.

Lésions associées des ligaments latéraux

Les ruptures du croisé postérieur associées à des lésions " périphériques " se rencontrent surtout si le genou est en extension au moment de l'accident : (pour plus de détails)

mécanisme de rupture du ligament croisé postérieur

Evolution naturelle de ces lésions :

Il n'y pas de cicatrisation spontanée sur ces lésions du croisé postérieur. Le tiroir postérieur persistera et les lésions périphériques si elles existent cicatriseront mal dans la mesure où est apparu ce tiroir postérieur permanent.

Conséquences pratiques :

La descente des escaliers, les actions de freinage brusque peuvent donner des impressions d'instabilité lorsque le tiroir postérieur existe.

Par contre, beaucoup d'activités, telles que la course à pied, sont bien tolérées dans la mesure où le tiroir postérieur est limité par l'action du quadriceps. En général, le risque le plus fréquent est l'apparition d'un syndrome rotulien douloureux car la pression sur le cartilage fémoro-patellaire augmente nettement lorsqu'il existe une rupture du croisé postérieur.

  • Le traitement de ce syndrome rotulien : étirement des ischio-jambiers, " co-contraction " et travail du quadriceps en piscine par exemple, permet d'améliorer ce syndrome rotulien et de limiter les conséquences de cette rupture du croisé postérieur.(voir douleur de rotule )
  • Les études ont montré qu'une récupération du quadriceps en isocinétique à 100% par rapport au côté opposé permet de récupérer son activité sportive antérieure.

L'évolution vers l'arthrose ?

Les lésions isolées du croisé postérieur peuvent être génératrices d'arthrose 15 à 20 ans plus tard.

L'évolution vers l'arthrose est beaucoup plus probable si le genou reste instable, ce qui est plus souvent le cas si l'atteinte du ligament croisé postérieur est associée à des lésions périphériques.

Le diagnostic

Il repose sur l'examen clinique : le tiroir postérieur. et il est confirmé lors de l'irm qui permet surtout de rechercher des lésions associées.

le ligament croisé postérieur normal sur une irm

Le traitement

La rééducation est essentielle!

LCP isolé :

  • Si la lésion du ligament croisé postérieur est isolée, il est logique de n'envisager que de la rééducation, qui devrait permettre une récupération pratiquement complète.
  • Dans certains cas, lorsque la rupture du croisé postérieur est récente (moins d'1 mois), il peut se discuter, selon le niveau sportif, l'intervention chirurgicale visant à limiter le tiroir par la pose d'une greffe servant de tuteur à la cicatrisation du croisé postérieur.
  • Passer ce délai, il devient inutile de faire cette intervention, dans les ruptures isolées du croisé postérieur. Ce ne serait que lors de l'apparition d'un syndrome rotulien gênant sur un tiroir important, qu'il serait envisageable de poser une indication chirurgicale. Il faut savoir que, si ces interventions ne diminuent pas le tiroir postérieur à long terme, elles peuvent améliorer les douleurs de ce syndrome rotulien.

LCP +/- lli, lle, lca

Lorsque la rupture du croisé postérieur est associéeà d'autres lésions périphériques, la réparation du croisé postérieur peut devenir nécessaire, soit dans le même temps que la réparation des plans périphériques, soit dans un deuxième temps.

Technique chirurgicale : ligamentoplastie

L'intervention est une ligamentoplastie:

    Il s'agit de
  • créer deux tunnels osseux qui viennent rejoindre l'articulation au niveau des insertions du croisé postérieur
  • de prélever une greffe (en général droit interne demi tendineux, didt)
  • de positionner la greffe dans les tunnels où elle est fixée

Suites de l'opération

Immobilisation prolongée par attelle articulée spéciale

Prolongée pour permettre au ligament de cicatrisé (lcp et plan externe)

Spéciale car elle doit empêcher le tiroir postérieur +++, c'est-à-dire que le tibia parte vers l'arrière

Suivie de rééducation prolongée

Cette intervention demande en général deux à trois mois d'arrêt de travail et six mois de rééducation.

En pratique

Pour résumer, devant une lésion du croisé postérieur, il faut rechercher une atteinte des plans périphériques : l'atteinte du plan externe (ligament latéral externe, tendon poplité, fascia-lata) nécessite un traitement urgent dans le mois suivant l'accident. Une lésion du plan périphérique interne peut être confiée à un traitement par genouillère articulée qui peut éviter la chirurgie.

Diagnostic de la rupture.

Docteur Jean Etienne Perraudin