Anatomie du genou et rôle du ligament croisé antérieur

Mise à jour le 25 novembre 2018

Les ligaments du genou

Ce sont des tissus fibreux, qui maintiennent le tibia et le fémur au contact, l'un contre l'autre. Deux ligaments se croisent au milieu du genou; ce sont les ligaments croisés antérieur et postérieur : ils forment le pivot central et stabilisent le genou dans les rotations. Deux ligaments, interne et externe, stabilisent le genou sur les côtés.

modèle anatomique du genou

Le ligament croisé antérieur (LCA)

Il est situé au centre de l'articulation du genou, constituant le pivot central avec le ligament croisé postérieur. Il relie le fémur au tibia. Il est très solide, constitué d'un faisceau principal et d'un faisceau secondaire. Si vous désirez une description très détaillée, allez sur la page "anatomie" du genou mais si vous pouvez préferer des schémas simples.

La connaissance de l'anatomie

anatomie du genou

Elle permet de mieux comprendre le mécanisme des ruptures des ligaments survenant lors des entorses graves du genou et permet leur reconstruction avec précision (ligamentoplastie).

Articulation intermédiaire du membre inférieur, c'est principalement une articulation à un degré de liberté : la flexion-extension. Accessoirement, elle comporte un deuxième degré de liberté: la rotation axiale qui n'apparait que lorsque le genou plie, lorsqu'il est déverrouillé. Cette notion de verrouillage du genou est très utile pour la rééducation après une entorse ou une intervention sur le genou. Si le genou est maintenu tendu par la contraction volontaire du quadriceps, il ne peut pas bouger (ni en flexion, ni en rotation). C'est un moyen efficace pour reprendre l'appui complet sans solliciter le genou. Voir "reeducation facile du genou".

Le genou travaille surtout en compression.

Il doit posséder une grande stabilité et une grande mobilité. Ceci n'est possible que grâce à un appareil stabilisateur puissant et à une faible congruence des surfaces articulaires, ce qui l'expose aux entorses.

Le rôle du ligament croisé antérieur

Le ligament croisé antérieur joue un rôle essentiel dans les mouvements de rotation du genou, pied bloqué au sol, où il maintient l'un contre l'autre, le tibia et le fémur.

Ce ligament n'entre en jeu que dans les changements brusques de direction, lors d'une prise d'appui (pour attraper un bus par exemple) ou lors de la réception d'un saut (sauter une marche d'escalier par exemple).

Le renforcement musculaire ne permet pas à lui seul de remplacer le ligament croisé antérieur rompu même si une rééducation des appuis, dite proprioceptive, permet d'améliorer la stabilité.

En pratique, la rupture isolée du ligament croisé antérieur n'empêche pas de vivre au quotidien. La plupart des professions (où il est possible d'éviter les changements brusques de direction) peuvent donc être reprises relativement rapidement après l'entorse. Le ligament croisé antérieur rompu n'empêche pas la natation (en évitant la brasse au début) et, une fois que vous aurez retrouvé un genou sec, indolore et mobile, vous pourrez reprendre, progressivement (+++) vélo et footing.

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Conséquences de la rupture du ligament croisé antérieur

La pratique des sports à pivot sur un genou dont le ligament croisé antérieur est rompu, risque d'entrainer une nouvelle entorse, et donc d'une aggravation des lésions méniscales et des lésions cartilagineuses.

Ces lésions méniscales risquent d'évoluer pour leur propre compte apportant douleurs et gonflement, nécessitant alors un geste de suture méniscale si c'est encore possible ou le plus souvent de méniscectomie partielle (ablation de la partie "cassée" par arthroscopie).

Ces méniscectomies, même partielles, entrainent à leur tour une usure prématurée du cartilage.

Il est prouvé que ces accidents d'instabilité fréquemment répétés provoquent une arthrose après 10 à 15 ans d'évolution si le genou reste instable.

La répétition de ces entorses risque d'entraîner l'apparition d'une instabilité même dans les gestes de la vie quotidienne comme descendre un trottoir par exemple.

Bref, si le genou devient instable, le stabiliser devient indispensable.

 

Remarque fréquente :

"je connais quelqu'un qui a eu une rupture du LCA (irm) il y a quelques années et il va très bien et sans opération !"

Une explication probable :

  • la rupture diagnostiquée sur l'irm fait référence à une image statique et ne veut pas dire "instabilité"
  • le fait que le genou soit stable témoigne de la faible laxité (petit tiroir et faible lachman) que présente leur genou
  • Il est aussi fort probable qu'il n'a pas pratiqué beaucoup de sports à pivot depuis...
    • Il était donc logique de ne pas l'opérer.

 

Docteur J.E. Perraudin

 

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