Genou gonflé : que faire ?

Page revue le 21 décembre 2025

Rédigé par le
Docteur J.E. Perraudin,
Chirurgien orthopédiste

Cette page apporte des informations détaillées sur le gonflement du genou, dû à un épanchement de synovie (hydarthrose) ou à du sang (hémarthrose) : causes, diagnostic et conduite pratique.

Cette page, écrite par le docteur Perraudin, apporte des informations détaillées sur le gonflement du genou, dû à un épanchement de synovie (ou hydarthrose), ou de sang (hémarthrose) :

Hygroma et kyste poplité sont aussi détaillés.

Eau dans le genou, genou gonflé, épanchement du genou, épanchement de synovie, oedème du genou, hydarthrose du genou : il s'agit du gonflement anormal de la poche entourant le genou. On dit que le gonflement est intra-articulaire.

L'articulation du genou est normalement lubrifiée par un liquide (la synovie), sécrété par les cellules du tissu qui tapisse l'articulation : la synoviale.

Articulation normale avec les os, leur cartilage et la synovie

Comment le genou peut-il gonfler ?

Le genou gonfle lorsque la synovie est sécrétée de façon abondante par les cellules de la synoviale : c’est un signe que le genou souffre.

Lors d'un traumatisme du genou (une torsion en particulier), le genou peut être gonflé de sang : c'est une hémarthrose, très évocatrice d'une rupture du ligament croisé antérieur.

Diagnostic d'un épanchement de synovie ?

L'épanchement de synovie est le terme médical du genou gonflé (sans accident récent). L'hypersécrétion de la synovie provoque le gonflement du genou.

Le genou est gonflé !

Vous pouvez faire le diagnostic en regardant et comparant vos genoux : si l’un vous paraît plus gros que l’autre, augmenté de volume, c'est probablement un épanchement liquidien ("eau" dans le genou), appelé épanchement de synovie, ou hydarthrose.

Les symptômes associés

La douleur est fréquente

Et il est logique de la gérer.

Douleur et gonflement sont fréquents après une opération.

Une perte de la flexion complète

Elle est logique et sans gravité, liée au liquide (incompressible).

Causes du gonflement ?

Notez qu'il est fréquent qu’une échographie soit prescrite devant un genou gonflé. En pratique, elle ne fera que constater le gonflement et il faudra souvent une IRM pour en rechercher la cause. Donc faites une IRM si vous devez faire quelque chose.

@ Après un accident, une entorse : c'est une hémarthrose

Le gonflement peut apparaître rapidement (le jour même) ou le lendemain.

L'hémarthrose du genou

Le liquide est alors souvent un mélange de synovie et de sang : l'épanchement de sang dans l'articulation s'appelle une hémarthrose.

Causes de l'hémarthrose

Le ligament et l'os sont vascularisés par de petits vaisseaux, qui peuvent saigner dans l'articulation en cas de fracture ou de rupture du ligament croisé.

L'hémarthrose peut être douloureuse si le gonflement est rapide après l'accident : on peut alors discuter une ponction de quelques cm³ pour soulager la pression.

Notez que le glaçage rapide du genou après l'entorse permet de diminuer gonflement et douleurs et d’éviter parfois la ponction.

Diagnostic de l'hémarthrose

On parle d'hémarthrose devant un genou gonflé après une entorse, un accident. Une ponction (inutile) montrerait du sang.

Un genou gonflé après un accident (hémarthrose) doit faire pratiquer une IRM pour rechercher une rupture ligamentaire (en particulier du ligament croisé antérieur). Passer à côté d'une rupture du ligament risque d'autoriser une reprise sportive trop précoce et une nouvelle entorse avec aggravation des lésions.

@ Après une opération du genou

Le genou est toujours gonflé après une opération (prothèse ou arthroscopie).

Le traitement associe glaçage et compression du genou, tout en traitant l'inflammation post-opératoire.

@ Sans accident : hydarthrose (épanchement de synovie)

Si le genou gonfle en fin de journée (par exemple) sans accident préalable, il s'agit souvent d'un épanchement de synovie.

La recherche de la cause se fait en analysant les autres symptômes, en examinant le genou, et en pratiquant des examens complémentaires (radios et/ou IRM). Les causes principales sont :

  • Genou "forcé" (trop d'activités)
  • Crise d'arthrose du genou
  • Lésion méniscale

Conséquences du gonflement

Aucune gravité !

Il peut être douloureux si l'augmentation de volume est brutale.

Le gonflement entraîne une diminution de la flexion du genou : le liquide est incompressible. Il est inutile de forcer la flexion, cela rajouterait des douleurs. Le genou pliera de nouveau lorsqu'il sera dégonflé.

Que faire pour traiter l'épanchement ?

Glacer le genou est un excellent outil

Le gonflement se résorbe souvent spontanément en deux à trois semaines. Le glaçage (par exemple deux fois par jour) peut accélérer le processus.

Le glaçage est très efficace pour limiter le gonflement du genou (et le plus tôt est le mieux après une entorse).

Comment glacer le genou ?

Recouvrez votre genou avec un torchon, pour protéger la peau.

Glaçons + un peu d'eau dans un sac plastique (ou vessie de glace grand modèle en pharmacie, ou "packs bleus", ou sac de petits pois congelés…)

Vous pouvez aussi comprimer la glace sur le genou : c'est le principe de la cryothérapie pour gonflement et/ou douleurs.

Attention à ne jamais laisser la glace au contact direct de votre peau ! Risque de brûlure !

Faut-il ponctionner ?

Après un traumatisme

En général non, sauf si le genou est très douloureux car sous tension (après une entorse par exemple), malgré glaçage et anti-inflammatoires. Une ponction d’une vingtaine de cc suffit souvent à diminuer la pression et la douleur.

En dehors d'un traumatisme

La ponction peut être le premier temps d'une infiltration de cortisone (pour éviter que le produit injecté ne se dilue trop).

La ponction isolée a ici peu d’intérêt : le gonflement revient souvent quelques jours après. L’injection de cortisone permet de calmer l’inflammation de la synoviale et de diminuer sa sécrétion de liquide, tout en améliorant souvent les douleurs en 48h.

Risque infectieux des ponctions répétées

Une ponction articulaire présente toujours un risque infectieux : il faut donc être prudent et éviter les ponctions isolées répétées. Une ponction-infiltration peut parfois être répétée une ou deux fois selon la situation.

Comment faire une ponction du genou ?

Par Qui ?

Après un accident, si le médecin des urgences la juge nécessaire,

À froid, un médecin du sport ou un rhumatologue peut réaliser ce geste en consultation, avant d’injecter un corticoïde ou de l’acide hyaluronique.

En consultation

La ponction intra-articulaire du genou ne nécessite ni échographie, ni contrôle radio.

Ce geste se fait en consultation. Vous pouvez rentrer chez vous comme vous êtes venu. Aucune anesthésie n’est nécessaire.

Les anti-inflammatoires

Des anti-inflammatoires pendant deux ou trois jours peuvent aider à dégonfler le genou, surtout si le gonflement est associé à des douleurs.

Marcher le genou verrouillé, la jambe raide

Marcher la jambe "raide", le genou verrouillé, est un bon moyen pour reposer son genou tout en conservant une activité : cela peut aider à dégonfler.

FAQ – Genou gonflé

Que puis-je faire immédiatement à la maison si mon genou est gonflé ?

Vous pouvez glacer votre genou et le comprimer un peu avec un bandage. Si le gonflement ou la douleur éventuelle, vous fait boiter, il faut prendre soin de votre genou en réalisant quelques exercices. Il vaut mieux marcher la jambe raide, le genou verrouillé.

Combien de temps un genou gonflé met-il à dégonfler ?

Habituellement, un épanchement se résorbe progressivement en 2 à 3 semaines. Le glaçage et une activité adaptée peuvent aider. Si le gonflement persiste, revient souvent, ou s’associe à une douleur importante, il peut nécessiter une ponction avec infiltration de corticoide pour calmer l'inflammation responsable de l'hypersecrétion de lkiquide (synovie).

Faut-il toujours faire une IRM quand le genou est gonflé ?

Si le gonflement apparait après un traumatisme (une entorse par exemple), il faut faire une IRM et consulter avant de reprendre le sport.

Si le genou gonfle souvent à l'effort ou en fin de journée, l’IRM est souvent l’examen qui aide le plus à identifier une cause (ménisque, ligament, cartilage, arthrose suivant l'âge…).

La ponction est-elle obligatoire ?

Non. Après traumatisme, elle se discute surtout si le genou est très douloureux “sous tension”. En dehors d’un traumatisme, une ponction isolée soulage rarement durablement ; elle peut être associée à une infiltration selon la situation.

Cas particulier du "kyste poplité"

Si le gonflement est localisé en arrière du genou, il peut s'agir d'un kyste poplité : boule molle, de taille variable, liquidienne, que vous pouvez plus ou moins sentir.

Il est souvent découvert sur l’IRM. Cela peut inquiéter, mais il est fréquent et en général il n’est pas responsable des douleurs : c’est une petite "hernie" de la poche articulaire principale qui gonfle quand le genou gonfle. Parfois, il peut rester gonflé.

J'ai la sensation d'avoir une boule derrière le genou.

Cas très particulier de l'hygroma

Particulier car ce gonflement n'est pas dans l'articulation du genou, mais entre le genou et la peau (extra-articulaire).

Anatomiquement, il existe des tissus entre la peau et la rotule (et le coude), qui permettent le glissement de la peau lorsque le genou se plie et se déplie. Cette “poche” peut gonfler après un choc ou après un travail à genoux.

Hygroma du genou

Cas habituel

L'hygroma est un gonflement localisé devant la rotule et le tendon rotulien. Il est extra-articulaire. Il se présente comme une boule indolore, plus ou moins grosse. Inutile de s'inquiéter : consultez votre médecin traitant si son volume vous inquiète.

Infection d'un hygroma

Le risque (rare) principal est la surinfection, soit par plaie cutanée, soit dans les suites d'une ponction ou d'une infiltration.

Si la boule devient douloureuse, si la peau devient rouge et chaude, il est important d'aller aux urgences pour se faire examiner et traiter.

Pour éviter l'infection d'un hygroma

Protégez la peau devant l'hygroma (bande, genouillère) pour éviter une lésion cutanée (ex : piqûre de ronces).

Que faire devant un hygroma ?

Protéger la peau

Éviter de reproduire le facteur déclenchant

Peut-être attendre un peu pour terminer la pose du parquet, par exemple.

Mettre de la glace

Mais en protégeant la peau pour éviter une brûlure cutanée.

Éventuellement ponction-infiltration ?

Voir un médecin du sport ou un rhumatologue si l'évolution traîne ou si le volume est gênant.

Docteur J.E. Perraudin – Chirurgien orthopédiste à Paris

Docteur J.E. Perraudin