Dr Perraudin - Chirurgien orthopédiste du genou
Docteur Jean Etienne Perraudin

Qu'est-ce que l'amortisseur implantable MISHA ?

Page écrite le 31 Octobre 2022

Beaucoup de patients(es), sur le site ou en consultation, demandent un avis sur un nouveau produit, encore expérimental... dont un journaliste a récemment parlé à la radio.

La recherche médicale et chirurgicale est intense pour trouver des traitements de l'arthrose, en particulier du genou.

Une idée intéressante

Une idée innovante : intercaler un ressort, un piston, entre le tibia et le fémur, pour amortir la pression sur les os, qui pourrait donc soulager les douleurs, lorsque le cartilage est usé (arthrose).

Devenue réalité

Elle est devenue réalité, puisque le dispositif, l'amortisseur implantable MISHA Knee System, a été développé par l'entreprise Moximed basée en Californie.

Son principe

C'est un dispositif médical, destiné à être posé sur le côté du genou, sous la peau, lors d'une intervention chirurgicale, au bloc opératoire.

Misha est présenté comme un amortisseur contre l'arthrose, un absorbeur de choc.

Technique chirurgicale simple a priori

Une incision cutanée de quelques cm, sur la face interne du genou, permet la pose de l'implant. Il est fixé par des vis de part et d'autre de l'articulation, sur le fémur et sur le tibia. Il n'est donc pas entre les os mais sur le côté de l'articulation, extra-articulaire, entre les os et la peau.

Premiers essais cliniques

Les premiers essais cliniques sur l'être humain, ont débuté, il y a trois ans, à l'Ohio State University Wexner Medical Center.

Ces essais sont proposés à des patients dont le genou est handicapant malgré les autres traitements médicaux. Il faut obtenir d'abord, leur accord éclairé sur la possibilité d'échec ou de complications de ce nouveau matériel.

Une étude sur les 81 premiers cas a été présentée en septembre, lors d'un congrès de chirurgie orthopédique à Boston aux USA. Les premiers résultats sont intéressants.

La FDA

La FDA américaine doit donner son accord pour la poursuite des essais cliniques et, plus tard, sur une éventuelle mise sur le marché. Cela va, bien sûr, prendre quelques années avant de pouvoir être opéré avec ce dispositif.

Pourquoi est-ce si long ?

Une intervention chirurgicale a pour but d'apporter un bénéfice au patient : diminuer les douleurs, améliorer sa mobilité,... Ce bénéfice doit être comparé aux autres traitements existants (la prothèse par exemple) pour valider son intérêt.

Bénéfices/risques

Toute intervention chirurgicale présente aussi des risques, infectieux en particulier, mais aussi mécaniques; les premières poses permettent de tester la solidité de l'implant, sa résistance, son fonctionnement dans la durée, l'absence de complications mécaniques (blocages, usure).

Acceptabilité

Il faut ensuite évaluer l'acceptabilité du rapport bénéfice/risques avant de mettre le matériel sur le marché, c'est-à-dire de donner l'autorisation aux chirurgiens de pouvoir l'utiliser.

En France, c'est l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui doit donner son accord.

En conclusion

On peut espérer que cet implant apportera une réelle amélioration des symptomes du patient sur une certaine durée, sans lui faire prendre trop de risque. Rendez-vous dans quelques années.

Dr Perraudin

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