Dr Perraudin - Chirurgien orthopédiste du genou
Docteur Jean Etienne Perraudin

Complications de la prothèse de genou.

Mise à jour le 11 mai 2021

Cette longue énumération des complications ne doit cependant pas faire oublier leur rareté et la qualité habituelle des résultats obtenus par les prothèses du genou.

Il est important que vous vous informiez sur ces complications et leur prévention avant de prendre votre décision.

La prothèse de genou est un matériel, posé lors d'une intervention chirurgicale, et souvent chez une personne agée; elle peut être posée avant 60 ans si le genou est usé et le handicap élevé.

Les complications possibles post-opératoires des prothèses de genou réunissent donc les complications post-opératoires habituelles de la chirurgie articulaire, inhérentes à la pose de matériel prothétique, et celles liées au terrain et l'âge du patient, etc.

Certaines sont fréquentes mais sans gravité

Douleurs

La persistance de quelques douleurs est fréquente, pouvant nécessiter la prise de médicaments. Elle peut s'améliorer avec le temps. Elles peuvent survenir même sur une prothèse parfaitement posée. Trop d'activité ou trop de travail musculaire peut entraîner l'apparition de ces douleurs genou "forcé".

Perte sensibilité cutanée

La perte de la sensibilité cutanée dans certaines zones autour de la cicatrice est très fréquente et en général sans gravité. Elle est liée à la section ou au traumatisme des petits nerfs sous-cutanés lors de l'incision et de l'abord du genou. Un névrome peut se former et nécessiter un traitement adapté.

Défaut d'axe

Le défaut d'axe (varus ou valgus) pré-opératoire est souvent amélioré par l'intervention mais non complètement. Souvent d'ailleurs, il est logique de ne pas l'améliorer complètement pour permettre à la prothèse un meilleur fonctionnement (équilibre ligamentaire).

Une inégalité de longueur

La constatation d'une petite différence de longueur des membres inférieurs est non seulement rare après une prothèse de genou mais reste sans conséquence pratique.

L'infection reste rare (0,5%) mais elle doit être prise en charge rapidement

L'infection cutanée ou articulaire est un risque réel et tous les moyens sont mis en oeuvre pour en éviter la survenue en sachant que le risque zéro n'existe pas.

Elle peut survenir dans les semaines qui suivent l'opération mais aussi à distance.

Si une infection survient, il est essentiel que son diagnostic soit fait rapidement et avant tout traitement antibiotique. Il est donc très important de tenir votre chirurgien au courant de tout incident (fièvre, problème cutané, etc). Voir la page sur le diagnostic et le traitement de l'infection d'une prothèse du genou.

Les complications post-opératoires précoces

Hématome du genou

L'hématome post-opératoire n'est pas rare car le traitement anticoagulant est certes utile mais il peut favoriser la survenue d'un hématome qui peut nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale (et donc une anesthésie) pour l'évacuer et le drainer.

Phlébite

Une phlébite (formation d'un caillot sanguin dans une veine du membre inférieur opéré ou de l'autre côté) peut entraîner une embolie pulmonaire. Le risque de phlébite est réel et la nécessité d'un traitement anti-coagulant préventif est le plus souvent nécessaire jusqu'à la reprise d'un appui complet.

La prévention de la phlébite passe par un lever précoce le soir même ou le lendemain selon votre forme. La phlébite est effectivement favorisée par la position couchée après l'intervention chirurgicale.

Le traitement de la phlébite est une augmentation des doses d'anticoagulant avec augmentation +++ du risque d'hématome.

Complications fonctionnelles

Raideur du genou

En flexion

Une flexion limitée doit être prévenue par une participation active du patient à sa rééducation (travail personnel de la flexion) aidée par le kinésithérapeute dès le lendemain de l'opération. Voir la page sur cette raideur.

Une raideur persistante en flexion, malgré la rééducation et la mobilisation sous anesthésie, peut nécessiter une arthrolyse chirurgicale voire le changement de certains éléments de la prothèse.

L'extension

Souvent avant d'être opéré(e), le ou la patient(e) a pris l'habitude de marcher le genou plié. Le genou peut aussi rester plié en position allongée. C'est le flessum ou perte de l'extension.

Ce flessum est en partie (ou complètement) corrigé par la pose de la prothèse; mais si la marche est reprise avec le genou plié, le bénéfice de l'intervention sera moins net.

Ce flessum doit être combattu dès le premier jour post-opératoire par le travail de l'extension (le fameux exercice de l'écrase-coussin "sans coussin"...) et par l'engagement du patient dans la marche, genou raide, verrouillé.

Instabilité

Ligamentaire

Une instabilité d'origine ligamentaire ne peut pas toujours être totalement évitée mais est généralement bien tolérée sur le plan fonctionnel.

La luxation d'un implant prothétique est exceptionnelle au niveau du genou mais peut survenir lors d'une chute, nécessitant sa réduction sous anesthésie, voire le changement de la prothèse.

Rotulienne

Une instabilité de la rotule est possible surtout si elle se luxait avant l'intervention et sur les genoux très déformés en valgus (en X). La précision de la pose avec l'utilisation des guides sur mesure est un apport certain mais ne supprime pas complètement ce risque.

Les risques liés à la prothèse

Descellement de la prothèse

Il s'agit de l'apparition d'une mobilité anormale entre la prothèse et l'os au niveau duquel elle est ancrée, à l'origine de douleurs. Notez qu'il ne s'agit pas d'un rejet, mais d'un problème mécanique et/ou infectieux.

Il est plus fréquent après une prothèse partielle, uni-compartimentale.+++, beaucoup plus rare après prothèse "totale". Le descellement peut survenir à long terme.

Ce descellement peut nécessiter le changement de la prothèse s'il est handicapant.

Il est très important de surveiller votre prothèse par un examen (annuel au début) clinique et radiologique systématique (même si vous allez bien).

Notez que cette complication peut survenir avec une prothèse cimentée, mais également avec une prothèse sans ciment pour laquelle c'est la repousse osseuse au niveau de la prothèse qui assure son maintien.

Le risque d'une infection tardive est toujours possible

  • Par la migration d'un microbe à partir d'un foyer infectieux autre, en particulier dentaire, urinaire ou digestif.
  • Il est donc très important de soigner correctement et rapidement tout foyer infectieux lorsque l'on porte une prothèse.
  • Il est aussi très important de prévenir le médecin que vous portez une prothèse de genou si un geste chirurgical doit être réalisé (même un banal détartrage chez le dentiste).

Usure de la prothèse

Il est logique de penser que les pièces de la prothèse vont s'user avec le temps, en particulier la pièce de polyéthylène insérée entre les deux pièces métalliques.

Le risque d'usure dépend du type de prothèse (là encore beaucoup plus fréquente avec la prothèse partielle), du poids du patient... et de son activité : le risque d'usure de la prothèse concerne donc surtout les patients jeunes; la durée moyenne de survie d'une prothèse est d'environ 15-20 ans (mais votre prothèse peut tenir beaucoup plus longtemps).

Fracture d'un implant

Le matériel peut aussi se fracturer et nécessiter son changement, ce qui reste exceptionnel.

Fracture osseuse autour du genou

  • Un traumatisme peut provoquer une fracture du tibia, de la rotule ou du fémur et menacer la prothèse.
  • Une fracture de la rotule est possible, plus fréquente après pose d'un médaillon prothètique.

Les complications liées à l'âge et au terrain

Il est évident que le risque de complications liées à l'âge est augmenté par une intervention chirurgicale quelle qu'elle soit. Il est donc très important que le patient prenne lui-même la décision de se faire opérer, en en connaissant les risques et en fonction du caractère handicapant de ses douleurs.

Complications rares voire exceptionnelles (pour les citer)

Rares, per-opératoires

Rupture tendineuse (en particulier le tendon rotulien) qui nécessite alors un geste complémentaire.

Fracture osseuse (rotule, fémur ou tibia), lors de la pose de la prothèse, qui peut nécessiter un geste complémentaire avec fixation par vis ou plaque vissée de la fracture.

Complications de l'anesthésie, de l'intubation (risque en particulier de fracture d'implants dentaires), de la rachi-anesthésie.

Exceptionnelles per-opératoires

Blessure de vaisseau avec un risque d'hématome, voire de chirurgie vasculaire pour réparer une artère.

Blessure d'un nerf avec un risque de paralysie post-opératoire qui peut être passagère, transitoire, mais peut rester et nécessiter un traitement de chirurgie secondaire du nerf ou un transfert musculaire palliatif.

Le risque de décès pendant l'opération est rarissime et il sera lié à une pathologie médicale surajoutée.

Rares post-opératoires

Algodystrophie

Le syndrome neuro-algo-dystrophique ou algodystrophie est très rare : il se caractérise par une raideur précoce, accompagnée de douleurs et d'oedème. Il peut nécessiter un traitement médical assez long.

Une embolie pulmonaire (rare)

Elle est la conséquence d'une phlébite diagnostiquée ou non, avec migration d'un caillot sanguin dans les vaisseaux pulmonaires. Elle peut être grave avec un risque de décès : d'où l'importance de la prévention, du diagnostic et du traitement des phlébites.

En conclusion

il faut rappeler que même si les complications citées sont nombreuses, cette intervention permet d'obtenir le plus souvent un genou beaucoup moins douloureux, moins déformé, qui permet une reprise de la marche et de l'activité physique satisfaisante.


Dr. J.E. Perraudin

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