docteur perraudin

Prothèse de genou

Complications de la prothèse de genou.

Mise à jour le 7 décembre 2018

Cette longue énumération des complications ne doit cependant pas faire oublier leur rareté et la qualité habituelle des résultats obtenus par les prothèses du genou.

Le plan :

  • La prothèse de genou est un matériel, posé lors d'une intervention chirurgicale, et souvent chez une personne agée; mais si elle peut être posée beacoup plus tôt avant 60 ans si le genou est usé et le handicap élevé.
  • Les complications possibles post-opératoires des prothèses de genou réunissent donc les complications

    post-opératoires habituelles de la chirurgie articulaire,

    inhérentes à la pose de matériel prothétique,

    liées au terrain sur lequel a lieu cette intervention chirurgicale, à l'âge du patient, etc.

Complications per-opératoires:

Exceptionnelles

  • Blessure de vaisseau avec un risque d'hématome, voire de chirurgie vasculaire pour réparer une artère.
  • Blessure d'un nerf avec un risque de paralysie post-opératoire qui peut être passagère, transitoire, mais peut rester et nécessiter un traitement de chirurgie secondaire du nerf ou un transfert musculaire palliatif.
  • Le risque de décès pendant l'opération est rarissime et il sera lié à une pathologie médicale surajoutée.

Rares

  • Rupture tendineuse (en particulier le tendon rotulien) qui nécessite un geste complémentaire sur ce tendon.
  • Fracture osseuse (rotule, fémur ou tibia), lors de la pose de la prothèse, qui peut nécessiter un geste complémentaire avec fixation par vis ou plaque vissée de la fracture.
  • Complications de l'anesthésie, de l'intubation (risque en particulier de fracture d'implants dentaires), de la péridurale

Complications post-opératoires précoces :

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  • L'hématome post-opératoire n'est pas rare car le traitement anticoagulant est certes utile mais il peut favoriser la survenue d'un hématome qui peut nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale (et anesthésie) pour l'évacuer et le drainer.
  • L'infection cutanée ou articulaire +++ est un risque réel et tous les moyens sont mis en oeuvre pour en éviter la survenue en sachant que le risque zéro n'existe pas.
    • Si une infection survient, il est essentiel que son diagnostic soit fait rapidement. Il est donc très important de tenir votre chirurgien au courant de tout incident (fièvre, problème cutané, etc).
      • J'insiste sur la nécessité de me prévenir AU FUR ET A MESURE, même si vous êtes dans un milieu médical, type centre de rééducation. Pour qu'il puisse vous aider, le chirurgien doit être au courant !
      • Si un doute apparait sur une possible infection, un lavage chirurgical du genou en salle d'opération sera probablement effectué en même temps que des prélèvements à visée bactériologiques et AVANT tout traitement antibiotique.
      • Une antibiothérapique d'attaque sera rapidement mise en place après le lavage et les prélèvements ;
        • dès le résultat des prélèvements, le choix des antibiotiques sera ciblé sur le germe trouvé et ses caractéristiques.
        • Durée du traitement antibiotique : en général par voie intraveineuse pendant 6 semaines voire plus avec
        • De nouvelles interventions sur le genou : Cette infection peut nécessiter un nouveau lavage articulaire, un nettoyage des implants, voire l'ablation de la prothèse.
          • La pose d'une nouvelle prothèse sera réalisée dans le même temps ou dans un deuxième temps.
      • Dès le début de la prise en charge d'un problème infectieux, je me mets en rapport avec un centre spécialisé dans le traitement des infections osteo-articulaires (hopital de lariboisière en priorité et les hopitaux de la croix st simon, et ambroise paré en fonction de la place disponible).
      • Il est fréquent que vous soyez alors pris en charge dans leur service. L'intéret de ces centres est la possibilité de travailler en synergie avec un laboratoire de bactériologie hautement spécialisé.
  • Une phlébite (formation d'un caillot sanguin dans une veine du membre inférieur opéré ou de l'autre côté) peut entraîner une embolie pulmonaire.
    • Le risque de phlébite est réel et la nécessité d'un traitement anti-coagulant préventif est le plus souvent nécessaire jusqu'à la reprise d'un appui complet.
    • La prévention de la phlébite passe par un lever précoce dès le deuxième jour si vous en êtes capable. La phlébite est effectivement favorisée par la position couchée après l'intervention chirurgicale.
    • Le traitement de la phlébite est une augmentation des doses d'anticoagulant avec augmentation +++ du risque d'hématome.
  • Une embolie pulmonaire conséquence d'une phlébite diagnostiquée ou non avec son risque de décès.
  • La luxation d'un implant prothétique est exceptionnel au niveau du genou mais peut survenir, nécessitant sa repose, voire le changement de la prothèse.
  • La constatation d'une petite différence de longueur des membres inférieurs reste sans conséquence après une prothèse de genou.

Complications dans les suites opératoires (les mois suivant l'intervention)

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  • L'infection reste toujours possible.
  • La raideur doit être prévenue par une participation active du patient à sa rééducation (travail personnel de la flexion) aidée par le kinésithérapeute dès le lendemain de l'opération.
    • Les causes de cette raideur sont multiples : douleur post-opératoire, difficultés de la rééducation, inflammation importante du genou, survenue d'un hématome etc ...
    • La première cause de la raideur est la douleur : la flexion du genou est possible dès le réveil de l'intervention mais le problème pour le patient est de laisser plier son genou.
      • Le traitement de la douleur est donc primordial (et vous devez me tenir au courant en cas de douleur persistante vous empêchant de plier)
      • Il faut aussi faire attention à ne pas forcer le genou en rééducation : vouloir en faire trop (le patient ou le kiné) est synonyme de gneou douloureux et gonflé et donc de raideur.
      • Ceci nécessite une bonne collaboration entre le patient, le kiné et le chirurgien.
    • Les progrès sont en général rapides au début jusque vers 90° de flexion (avant la sortie de la clinique..).
      • Les progrès sont ensuite plus lents mais peuvent continuer dans les 6 mois qui suivent l'intervention.
    • Attention : si la flexion n'atteint pas 90° à 6 semaines post-opératoires, il est logique d'envisager une mobilisation du genou sous anesthésie : cela consiste à plier le genou tout doucement sous anesthésie pour vaincre les petites adhérences en cours de formation.
      • comme tout geste opératoire, ce geste peut entraîner lui-même des complications (fracture de la rotule en particulier). C'est pourquoi il est logique de le faire à cette période sans dépasser 3 mois post-opératoires (sauf cas particulier) car les adhérences deviennent résistantes et il faut alors les sectionner chirurgicalement (= arthrolyse).
      • Cette mobilisation douce du genou sous anesthésie permet de dépasser les 90° pendant l'anesthésie et c'est la rééducation douce qui va permettre de récupérer l'amplitude obtenue .
  • Une raideur persistante, malgré la rééducation et la mobilisation sous anesthésie, peut nécessiter une arthrolyse chirurgicale voire le changement de certains éléments de la prothèse.
  • Le syndrome neuro-algo-dystrophique (algodysrophie) est très rare : il se caractérise par une raideur précoce, accompagnée de douleurs et d'oedème. Il peut nécessiter un traitement médical assez long.
  • Une instabilité d'origine ligamentaire ne peut pas toujours être totalement évitée mais est généralement bien tolérée sur le plan fonctionnel.
  • Une instabilité de la rotule est possible surtout si elle se luxait avant l'intervention et sur les genoux très déformés en valgus (en X). La précision de la pose avec l'utilisation des guides sur mesure est un apport certain mais ne supprime pas complètement ce risque.

Fréquentes

  • La persistance de quelques douleurs est fréquente, pouvant nécessiter la prise de médicaments. Elle peut s'améliorer avec le temps.
    • Elle peut survenir même sur une prothèse parfaitement posée.
  • La perte de la sensibilité dans certaines zones autour de la cicatrice est très fréquente et en général sans gravité. Un névrome peut se former et nécessiter un traitement adapté.
  • Le défaut d'axe (varus ou valgus) pré-opératoire est souvent amélioré par l'intervention mais non complètement. Souvent d'ailleurs, il est logique de ne pas l'améliorer complètement pour permettre à la prothèse un meilleur fonctionnement (équilibre ligamentaire).

Les risques liés à la prothèse:

  • Descellement d'une prothèse, qu'elle soit "scellée" avec du ciment ou non : apparition d'une mobilité anormale entre la prothèse et l'os au niveau duquel elle est ancrée, à l'origine de douleurs. Notez qu'il ne s'agit pas d'un rejet..mais d'un problème mécanique.
        • Il est plus fréquent après une prothèse partielle, uni-compartimentale.+++, beaucoup plus rare après prothèse "totale".
        • le descellement peut survenir à long terme, 10 ou 15 ans en général, mais cela peut être moins.
        • Ce descellement peut nécessiter le changement de la prothèse.
          • il est très important de surveiller votre prothèse par un examen (annuel au début) clinique et radiologique systématique (même si vous allez bien).
    • Cette complication peut survenir avec une prothèse cimentée, mais également avec une prothèse sans ciment pour laquelle c'est la repousse osseuse au niveau de la prothèse qui assure son maintien
    • Le risque d'une infection tardive est toujours possible
      • par la migration d'un microbe à partir d'un foyer infectieux autre, en particulier dentaire, urinaire ou digestif.
      • Il est donc très important de soigner correctement et rapidement tout foyer infectieux lorsque l'on porte une prothèse.
      • Il est aussi très important de prévenir le médecin que vous portez une prothèse de genou si un geste chirurgical doit être réalisé, même un banal détartrage chez le dentiste)
    • Usure de la prothèse et en particulier du polyéthylène ; l'usure dépend du poids du patient et de son activité : le risque d'usure de la prothèse concerne surtout les patients jeunes  ; la durée moyenne est d'environ 15 ans mais votre prothèse peut tenir beaucoup plus longtemps
    • Le matériel peut aussi se fracturer et nécessiter son changement, ce qui reste exceptionnel.

Fracture autour du genou

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  • un traumatisme peut provoquer une fracture du tibia, de la rotule ou du fémur et menacer la prothèse.
  • une fracture de la rotule est possible en particulier après pose d'un médaillon prothètique (qui nécessite une résection osseuse de la rotule ce qui la fragilise).

Les complications liées à l'âge et au terrain :


Il est évident que le risque de complications liées à l'âge est augmenté par une intervention chirurgicale quelle qu'elle soit.

Il est donc très important que le patient prenne lui-même la décision de se faire opérer, en en connaissant les risques et en fonction du caractère handicapant de ses douleurs .

En conclusion,

il faut rappeler que même si les complications citées sont nombreuses, cette intervention permet d'obtenir le plus souvent un genou beaucoup moins douloureux, moins déformé, qui permet une reprise de la marche et de l'activité physique satisfaisante.

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Reprise des prothèses de genou