Infection de la prothèse du genou

Page revue le 16 janvier 2021

L'infection cutanée ou articulaire est un risque réel et tous les moyens sont mis en oeuvre pour en éviter la survenue en sachant que le risque zéro n'existe pas.

Si une infection survient, il est essentiel que son diagnostic soit fait rapidement et avant tout traitement antibiotique. Il est donc très important de tenir votre chirurgien au courant de tout incident (fièvre, problème cutané, etc).

Evoquée ?

Genou douloureux ou pas, cicatrice inflammatoire ou suintante, raideur, fièvre ou pas : dès la possibilité d'une infection post-opératoire du genou se pose, il faut commencer les investigations.

Diagnostic rapide

La biologie

La biologie est précieuse, permettant d'évaluer la progression ou non de certains paramètres (globules blanc, polynucléaires neutrophiles, vitesse de sédimentation (VS), et Protein C Réactive (CRP). Leur augmentation va dans le sens d'une infection probable et nécessite d'aller plus loin.

La ponction du genou

La ponction du genou peut se faire en consultation et permet le plus souvent d'envoyer du liquide au laboratoire qui permettra le diagnostic. Cette ponction peut se faire lors d'une arthrographie en radio, qui permet de visualiser un éventuel descellement surajouté.

Actuellement, je la fais réaliser dans un laboratoire de bactério, spécialisé et reconnu, à l'hopital de la croix st simon.

Le traitement

Lavage chirurgical

Le lavage chirurgical du genou en salle d'opération sera effectué en même temps que de nouveaux prélèvements à visée bactériologiques (synoviale et fragments osseux) et AVANT tout traitement antibiotique. Il consiste à ouvrir le genou et d'abord pratiquer une "synovectomie", c'est-à-dire enlever le tissu qui tapisse la poche articulaire. Les implants (pièces métalliques tibiale, fémorale et l'insert en polyéthylène) sont enlevés et changés le plus souvent dans le même temps. Parfois, ils sont enlevés seulement et un "spacer" en ciment est posé pour maintenir l'écart entre les deux os, en attendant une nouvelle reprise chirurgicale quelques semaines plus tard, où le spacer sera enlevé et une nouvelle prothèse posée. La reprise peut donc se faire en un temps ou deux.

Antibiothérapie

De première intention

Une antibiothérapique d'attaque polyvalente (active sur l'ensemble des germes que l'on peut trouver dans un genou) sera mise en place dès les prélèvements faits.

Adaptée ensuite en fonction du résultat des prélevements

Le laboratoire isole le ou les germes (3 ou 4 parfois), puis l'efficacité des différents antibiotiques sur chacun des germes, puis l'efficacité des associations d'antibiotiques : le résultat s'appelle l'antibiogramme. A partir de ce dernier, les bactériologues proposent un traitement associant plusieurs antibiotiques, en précisant la dose, la durée (souvent 6 semaines) et la voie d'administration (le plus souvent intra-veineuse, les premières semaines).

L'évolution est surveillée sur l'état clinique et les constantes biologiques (NFS VS et CRP) dont la diminution est rassurante.

De nouvelles opérations peuvent être nécessaires en fonction de l'évolution.

Importance de la collaboration entre chirurgien et infectiologue

L'infection articulaire doit être prise en charge conjointement par le chirurgien et l'infectiologue. Parfois, le ou la patient(e) est hospitalisé(e) en chirurgie dans l'hopital spécialisé.


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Dr. J.E. Perraudin

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