Objectifs de la prothèse du genou

Page revue le 16 janvier 2021

Le résultat clinique (le bien-être du patient) d'une prothèse du genou dépend non seulement de la qualité de la pose, mais aussi de beaucoup de petits détails pendant la pose et après la pose.

La pose est une opération bien réglée qui, en général, ne présente pas de difficulté majeure. La radio post-opératoire témoignera de sa pose correcte.

La pose de la prothèse : quatre objectifs principaux 

Une taille adaptée

La taille des pièces prothètiques adaptée à la taille du genou opéré : envisagée sur les radiographies préopératoires avec des calques reproduisant chaque taille de la prothèse, elle est confirmée pendant l'opération (ex taille 4 pour le tibia et taille 5 pour le fémur).

les différentes taille standard de la pièce fémorale

Le chirurgien doit choisir le meilleur compromis entre la taille, la position et l'alignement de la prothèse. Avec les 5 ou 6 tailles disponibles, cela est déjà satisfaisant.

Pièce fémorale sur mesure Origin symbios

Intéret évident ici de la prothèse sur mesure qui recouvre parfaitement l'extrémité osseuse, contrairement à la taille "standard" choisie, qui sera probablement un peu petite ou un peu grande par endroit.

Un genou axé

L'axe du membre inférieur : l'axe post-opératoire du membre inférieur doit être proche de 0° (+/-3°). Il sera la conséquence du bon positionnement des pièces fémorale et tibiale. C'est ici qu'interviennent les outils technologiques actuels (prothèse "naviguée" avec un ordinateur ou guides de coupe sur mesure que j'utilise pour toutes mes prothèses; ils sont fabriqués à partir d'un scanner pré-opératoire.)

 

Un genou stable

Coupes osseuses pour la pose d'une prothèse de genou

Stabilité : les pièces de la prothèse doivent glisser l'une sur l'autre tout en restant au contact dans l'enveloppe ligamentaire. Elle est ligaments situés sur les côtés (interne et externe). C'est l'équilibre ligamentaire. Les ligaments peuvent être rétractés ou étirés. Le "release" consiste à équilibrer les ligaments pour que la prothèse soit stable en extension et en flexion. C'est la partie où l'expérience du chirurgien joue un rôle important.


Il est intéressant de noter que, depuis que j'utilise la programmation à partir du scanner, et de la reconstruction 3D pour décider de la position des pièces sur le fémur et sur le tibia, je n'ai plus besoin toucher aux ligaments pour que la prothèse soit stable. Elle se glisse dans l'enveloppe ligamentaire. La programmation de la pose des pièces m'est transmise par les guides sur mesure fournis par l'ingénieur par prototypage. J'en déduis que je pose mieux la prothèse avec les guides, ou plutôt que je positionne mieux les pièces grâce à la programmation préalable et aux guides.


Un genou mobile

Mobilité : Pour que le genou ait une bonne flexion, il est important que l'équilibre ligamentaire ne soit pas trop serré. Il faut un juste milieu entre trop serré ( flexion et ou extension limitées) et trop lâche (trop grande mobilité des pièces les unes par rapport aux autres, avec un risque d'instabilité). La flexion post-opératoire est un peu meilleure que celle avant l'opération.

Objectif du chirurgien :

Faire en sorte que la prothèse soit le mieux posée possible à chaque intervention .

Dans ce but, les fabriquants de prothèse ont développé avec l'aide des chirurgiens, des outils pour chaque taille (4 par exemple), pour que la pièce définitive puisse s'appliquer parfaitement sur les coupes osseuses réalisées. Ces outils sont appelés "l'ancillaire" de la prothèse.

"Philosophie" : il ne s'agit pas pour un chirurgien de réussir de temps en temps une prothèse de genou mais de "viser l'excellence", c'est-à-dire que le pourcentage de prothèses parfaitement bien posées se rapproche de 100% (en sachant que 97% est déjà une excellent score). Nous avons tous fait des erreurs, mais nous avons appris de nos erreurs.

Une prothèse bien posée

Une prothèse bien posée est un pré-requis pour que le patient aille bien.

Mais la qualité de pose de la prothèse n'est pas le seul facteur de réussite pour le patient : le traitement de la douleur post-opératoire, la rééducation, la motivation du patient, la mobilité pré-opératoire du genou, la qualité des muscles en pré-opératoire et la psychologie du patient sont aussi des critères très importants.

Une prothèse bien posée peut être douloureuse parce que le genou a été forcé par trop d'activité dans les suites. Les séances de kiné peuvent s'avérer fatigantes et/ou douloureuses; il faut savoir diminuer le rythme voire se reposer quelques jours puis reprendre. Il est bien sûr , là encore important de tenir votre chirurgien au courant (même si vous êtes en centre).

J'insiste sur l'importance de bien vous informer et j'espère que ces pages vous seront profitables.


Dr. J.E. Perraudin

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