Quand y penser ?
A quel âge ?
Pratiquée en général à partir de 60 ans, il est logique d'y recourir avant, si le genou est usé et handicapant, résistant au traitement médical. L'âge n'est pas une contre-indication formelle [2].
Sur quel genou ?
Sur un genou présentant une arthrose handicapante :
Si la radio de votre genou montre un pincement net (photo) de l'espace entre le fémur et le tibia (définition de l'arthrose),
Pour quel niveau de douleur ?
Si les douleurs [5] ne vous permettent plus de pratiquer votre activité favorite, malgré la prise de médicaments et les infiltrations,
Si votre périmètre de marche diminue,
Si la gène fonctionnelle augmente,
La perte d’autonomie et les limitations sociales jouent un rôle majeur [5] [7].
Intérêt de l'opération
Une étude randomisée, en 2015, montre l'intérêt de l'opération : Des chirurgiens ont observé l'évolution sur un an, de deux groupes comparables, de 100 patients, avec des genoux présentant une arthrose fémoro-tibiale modérée, potentiellement éligible à la pose d'une prothèse du genou.
- Un groupe avec traitement médical dynamique pendant trois mois
- L'autre groupe avec l'opération, puis le même traitement médical dynamique.
Au bout d'un an, les résultats étaient meilleurs chez les patients opérés.
La prothèse de genou est plus efficace que le traitement médical de l'arthrose. [5] [12].
Notons ici qu'il n'y a aucune urgence pour se faire opérer. Donc, en attendant votre décision, vous pouvez explorer les différents outils à votre disposition.
Quelles sont les alternatives ?
C'est le traitement médical associant médicaments, autorééducation, rééducation, infiltrations, viscosupplementation (acide hyaluronique) et/ou PRP.
Avez-vous tout essayé pour améliorer votre genou ?Le périmètre de marche
Le périmètre de marche me semble un bon indicateur : c'est la distance que votre genou vous permet de parcourir...
Si le périmètre de marche est, par exemple, limité à 30 minutes, le ou la patiente est en général motivé(e) pour se faire opérer et il me semble inutile de le ou la faire encore patienter, si l'anesthésiste est d’accord.
Que penser aussi, par exemple, de ce ou cette joueuse de golf, au genou usé, qui faisait quand même ses trois parcours par semaine, et peine actuellement à en faire un ? Peut-être est-il venu, le temps de se faire opérer, pour continuer son activité préférée [3].
Prendre sa décision
Les examens d’imagerie confirment l’arthrose et autorisent la chirurgie, mais ne suffisent pas seuls à décider. C'est votre degré de handicap qui va vous pousser à vous faire opérer [2].
Aucune urgence
Handicap et douleurs vous poussent à "vous lancer", mais beaucoup de facteurs freinent votre décision, l'inquiétude en particulier.
Il n'y a aucun risque à ne pas être opéré, et rien n'empêche d'attendre un peu, de vous informer [4] et de prendre tranquillement sa décision.
En parler avec vos proches, votre médecin
Pour vous aider, il faut d'abord en parler : avec vos proches, votre médecin.
Faire le point sur les autres problèmes médicaux avec votre médecin et vos spécialistes est important [6].
Vous informer
Vous informer permet de clarifier ce qui vous inquiète. J'entretiens ce site dans ce but. Peut-être aurons nous l'occasion de nous voir, mais ces informations pratiques devraient vous aider, quel que soit votre chirurgien. Bon courage.
Petit à petit, l'idée fera son chemin et vous prendrez votre décision.
Vous pouvez aussi poser vos questions en utilisant la téléconsultation pour un premier contact avec un chirurgien, à distance, sans vous déplacer.
Décision partagée
La décision se prend toujours en concertation entre le patient et le chirurgien : elle tient compte des attentes, de l’âge, du niveau d’activité et des antécédents médicaux [4].
Un jour viendra peut-être, où l'intelligence artificielle nous aidera à prendre la décision (des études sont en cours) [11]. de se faire opérer, mais pour le moment, le dialogue chirurgien/patient(e) reste important, et une fois informé(e), c'est notre "bon sens" qui nous permet de choisir.
Bénéfices attendus de la pose d'une PTG
Les attentes irréalistes sont une cause fréquente d’insatisfaction [4].
- Une Diminution significative de la douleur
- Une Amélioration de la mobilité et des activités quotidiennes
- Une Meilleure qualité de vie (marche, escaliers, lever, socialisation)
- Une Correction de la déformation articulaire
sont des attentes réalistes. Le retour aux activités courantes est progressif (6 semaines à 3 mois) [2].
Comme toute chirurgie, il existe des risques (infection, raideur, usure de l’implant…) [1] [9]. L’équilibre bénéfice/risque doit être discuté avec le chirurgien et l'anesthésiste.
→ Que peut-on attendre d'une prothèse du genou ?
Questions fréquentes sur les indications de la prothèse du genou
Quand faut-il envisager une prothèse de genou ?
Une prothèse de genou est envisagée lorsque la douleur devient quotidienne, qu’elle gêne la marche, dans les escaliers, le sommeil ou les activités courantes, et que les traitements médicaux, infiltrations et la rééducation ne suffisent plus à vous soulager. L’objectif est de retrouver une qualité de vie acceptable, et non d’attendre le dernier moment.
Dois-je attendre le plus longtemps possible avant l’opération ?
Il est dommage d’attendre d’être « au bout du rouleau ». Retarder excessivement l’intervention mène à une fonte musculaire importante, à une déformation du genou et à une perte d’autonomie, ce qui rend la récupération plus difficile [8]. La décision se prend en fonction de la douleur, du handicap fonctionnel et de vos attentes, au cas par cas avec votre chirurgien.
L’âge est-il un critère absolu pour poser une prothèse de genou ?
L’âge n’est pas un critère strict [6], mais il entre en compte. Chez les patients jeunes et très actifs, on discute plus longuement des alternatives et du risque de devoir réopérer plus tard. Chez les patients âgés, on s’intéresse surtout à l’état général, à la marche et à la capacité à profiter de l’intervention en termes de qualité de vie .
Et si l’arthrose ne touche qu’une partie du genou ?
Lorsque l’arthrose est limitée à un seul compartiment du genou (interne ou externe), d’autres options peuvent être discutées : prothèse unicompartimentale ou ostéotomie, selon votre âge, votre morphologie et votre niveau d’activité. La prothèse totale de genou reste indiquée lorsque les autres solutions ne sont pas adaptées.
J’ai très mal mais mes radios semblent peu usées, que faire ?
La décision ne repose pas uniquement sur la radiographie [7]. Une discordance entre douleur et images est possible. Dans ce cas, outre un examen clinique approfondi, on complète souvent par d’autres imageries (IRM) et une réévaluation des traitements non chirurgicaux. Une prothèse de genou n’est généralement pas indiquée si l’arthrose reste débutante ou modérée (pincement fémoro-tibial incomplet sur la radio).
Le surpoids, le diabète ou une maladie cardiaque sont-ils des contre-indications ?
Ces facteurs ne sont pas forcément des contre-indications, mais ils augmentent le risque de complications. Un bilan préopératoire avec votre médecin traitant, le cardiologue et l’anesthésiste est indispensable. Dans certains cas, une perte de poids, une meilleure équilibrage du diabète ou un ajustement du traitement cardiaque sont recommandés avant l’intervention.
Peut-on poser deux prothèses de genou en même temps ?
La pose de deux prothèses de genou lors de la même hospitalisation peut être discutée dans certains cas particuliers, mais elle augmente la durée de l’intervention et la sollicitation de l’organisme. Le plus souvent, on préfère opérer les deux côtés de façon séparée, à au moins 3 mois d’intervalle, pour optimiser la sécurité et la rééducation.
Qui décide finalement de l’indication opératoire ?
La décision se prend conjointement entre le patient et le chirurgien. Le rôle du chirurgien est d’expliquer l’état de votre genou, les options possibles, les bénéfices attendus et les risques de chaque solution. C’est ensuite en fonction de vos objectifs (douleur, marche, activités, autonomie) que la prothèse de genou sera ou non retenue.
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Références bibliographiques
Certaines références sont en anglais, mais vous pouvez demander la traduction sur Google (clic droit souris : traduire en français).
-
Knee replacement surgery: Why it’s done, risks, and results.
Mayo Clinic. Updated 2023.
↑ Retour
Points clés :
- La prothèse totale du genou est indiquée en cas de douleur persistante, de raideur et de limitation fonctionnelle malgré un traitement bien conduit.
- L’objectif principal est l’amélioration de la qualité de vie, pas la restitution d’un genou “normal”.
- Les risques existent (infection, phlébite, douleurs, raideur), mais restent peu fréquents.
- La majorité des patients rapporte une diminution nette de la douleur et une meilleure autonomie.
-
Total Knee Replacement – OrthoInfo.
American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS), 2023.
↑ Retour
Points clés :
- Indication basée sur un trépied clinique : douleur, fonction, retentissement sur la vie quotidienne.
- Les examens d’imagerie confirment l’arthrose mais ne suffisent pas seuls à décider.
- La rééducation postopératoire est un élément clé du résultat.
- Le retour aux activités courantes est progressif (6 semaines à 3 mois).
- Indication criteria for total hip or knee arthroplasty in osteoarthritis: a systematic review. Riddle DL, Perera RA. BMC Musculoskelet Disord. 2016;17:425. ↑ Retour
- Hawker GA, Wright JG, Coyte PC, et al. Decision-making in total joint replacement surgery for osteoarthritis. J Rheumatol. 2017;44(10):1530–1537. ↩ Retour (décision partagée) ↩ Retour (information patient) ↩ Retour (attentes)
-
Why do patients undergo total knee replacement? A qualitative study.
Tilbury C, Haanstra TM, Verdegaal SH, et al. BMC Musculoskelet Disord. 2016;17:120.
↑ Retour
Points clés :
- La douleur est le facteur principal de décision
- La perte d’indépendance et les limitations sociales jouent un rôle majeur.
-
Total Knee Arthroplasty (TKA) – Indications, Contraindications and Outcomes.
StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024.
↑ Retour
Points clés :
- L’âge n’est pas une contre-indication formelle.
- Les comorbidités (autres problèmes médicaux, diabete, etc.) doivent être évaluées pour réduire les risques.
-
Criteria for total knee replacement in osteoarthritis: pain, function, and radiographic severity.
Kaczmarek M, et al. Clin Orthop Relat Res. 2016;474(6):1328–1336.
↑ Retour
Points clés :
- La sévérité radiographique ne reflète pas toujours la douleur ressentie.
- Certains patients très douloureux ont une arthrose modérée.
- La clinique prime sur l’imagerie.
- When is the right time for knee replacement surgery? University of Maryland Medical Center. 2023. ↑ Retour
- Total Knee Arthroplasty: Indications and Preoperative Considerations. UpToDate, Wolters Kluwer. Last updated 2024. ↑ Retour
- Shared decision making using digital twins in knee osteoarthritis care: a randomized clinical trial of an AI-enabled decision aid versus education alone on decision quality, physical function, and user experience Jayakumar, Prakash et al. eClinicalMedicine, Volume 89, 103545 Novembre 2025 ↑ Retour
- A randomized, controlled trial of total knee replacement. Skou ST, Roos EM, Laursen MB, Rathleff MS, Arendt-Nielsen L, Simonsen O, Rasmussen N Engl J Med. 2015 Oct 22;373(17):1597-606. ↑ Retour